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  Sous thème 3 de la Triennale
 
Sous-thème 3: Acquisition des compétences scientifiques et technologiques, tout long de la vie, pour le développement durable de l’Afrique dans le contexte de la mondialisation Le southème 3 a traité de l’ Acquisition des compétences scientifiques et technologiques, tout long de la vie, pour le développement durable de l’Afrique dans le contexte de la mondialisation. Le monde est entré dans une ère où la connaissance est devenue le moteur principal de la croissance économique, des progrès technologiques et du développement durable. La recherche revêt par conséquent une importance plus grande dans le processus de création des richesses. Il est devenu vital d’investir dans les capacités, les institutions et les programmes de recherche pour maintenir la compétitivité et l’innovation mondiales sur le marché. Les pays qui dominent l’économie mondiale (les USA, le Royaume-Uni, le Japon et maintenant la Chine ont investi massivement dans les capacités et les infrastructures de recherche pour créer de nouvelles connaissances et technologies. Les centres universitaires et les instituts de recherche de ces pays sont devenus les épicentres, non seulement de la production de nouvelles connaissances et des innovations, mais aussi de l’introduction de nouveaux produits et processus sur le marché mondial. En 2005, l’UNESCO relevait que “l’Afrique est un continent riche : riche en biodiversité, riche en ressources minières, riche en pierres précieuses. L’Afrique est également un continent riche en connaissances traditionnelles, notamment en connaissances concernant les plantes indigènes et les plantes médicales. L’Afrique est cependant un continent pauvre ; avec 13% de la population mondiale environ, elle ne dispose que de 1% de la richesse mondiale. On estime que 50% environ de la population africaine vit dans la pauvreté tandis que 40% souffre de malnutrition et de faim ». Bien que la population du continent africain ait dépassé le milliard, la situation n’a pas beaucoup changé malgré la croissance économique que les pays africains ont enregistrée au cours de la décennie écoulée. Le tableau n’est cependant pas sombre. Au moment où le continent africain aborde la deuxième décennie du XXIe siècle, des indices montrent qu’il est sur le point de réaliser des percées sur le plan du développement socio-économique. Les taux de croissance (4,5% en moyenne), enregistrés au cours de la dernière décennie, par plupart des pays africains, indiquent que le continent a mis en place des réformes et des politiques qui favorisent la stabilité politique, la gestion de l’économie, les programmes sociaux et la création de structures nécessaires à un développement durable. Les pays africains ont également élaboré des politiques et des programmes scientifiques et technologiques pour pouvoir tirer partie des évolutions de la science et de la technologie dans le monde. Des progrès remarquables ont été enregistrés dans le domaine des TIC, notamment dans celui des technologies de la téléphonie. Cette évolution pourrait contribuer, dans une grande mesure, au développement de nouvelles innovations et favoriser l’entreprenariat. Il est aujourd’hui largement admis que la science et la technologie sont des facteurs critiques pour la compétitivité de l’Afrique dans l’économie mondiale, la mise en valeur de ses immenses ressources naturelles, la création d’emplois et le développement durable, en général. Le principal objectif de ce sous-thème est d’identifier les voies et les moyens de construire et renforcer la capacité de l’Afrique à générer, acquérir, adopter et utiliser les connaissances et les compétences scientifiques et technologiques pour faire face aux nombreux défis du développement durable dans un contexte de mondialisation accélérée. Ce sous-thème repose sur l’hypothèse que le développement de l’Afrique doit s’appuyer sur l’utilisation de connaissances et de compétences de haut niveau pour que ses populations puissent gérer efficacement à leur profit ses immenses ressources naturelles afin de réaliser un développement socio-économique durable, dans un contexte de transformation démocratique et au moyen d’une participation bénéfique à la mondialisation. Qu’avons nous appris du travail qui a été effectué ?  Peu de pays disposent de documents énonçant leurs priorités dans le domaine de la science, de la technologie et de l’innovation (plans de développement, livres blancs et autres documents stratégiques). Le Mozambique et l’Afrique du Sud tendent à suivre cette voie. Dans certains pays, les priorités de la recherche en sciences et technologies tendent à être définies à partir d’une perspective sectorielle : les biotechnologies et les énergies agricoles, par exemple sont considérées comme des domaines d’intervention prioritaires.  Le regain d’intérêt pour les ressources minérales de l’Afrique a incité les pays concernés à effectuer des recherches sur les minéraux et les technologies liées à ce domaine. Cette tendance est observée dans de nombreux pays où les mines et les minerais constituent les principales activités économiques.  Pour définir leurs priorités, certains pays ont adopté un processus réunissant les parties prenantes pour qu’ils formulent collectivement une vision nationale et les priorités nationales. Cette approche est louable : elle a souvent permis de mobiliser des soutiens et de sensibiliser à la nécessité d’appliquer des politiques orientées vers l’acquisition et l’utilisation de la science et de la technologie pour le développement.  Dans d’autres cas, des instituts de recherche et d’éducation supérieurs ont formulé leur vision afin d’obtenir des financements ou en tant que stratégie de mobilisation des parties prenantes pour les amener à adhérer à des déclarations d’intention et des voies de développement. De nombreuses institutions d’enseignement supérieur ont utilisé ce processus pour faire connaître leur projet et construire un consensus. Cette pratique, courante dans le secteur privé, a été largement adoptée par les instituts de recherche et d’éducation supérieurs.  Il n’a pas été possible de consolider ou de développer les infrastructures requises pour produire la recherche et la technologie en raison de la forte augmentation du nombre d’universités et de l’inaptitude des gouvernements africains à faire face aux besoins du secteur de la recherche scientifique tout en devant résoudre des questions essentielles prioritaires telles que la santé et l’alimentation.  Les universités africaines ont également pâti d’un manque de vision stratégique : elles n’ont pas sur différencier leurs politiques. Le nombre d’institutions universitaires en Afrique a continué de croître et de se diversifier mais elles n’ont pas su se différencier les unes des autres pour qu’on puisse promouvoir un système d’innovation dans lequel diverses composantes du système universitaire travaillent de manière complémentaire et collaborent à la promotion de la science et de la technologie.  Le développement de la recherche scientifique en Afrique est, par ailleurs, limité par la fuite des cerveaux africains. Le déséquilibre entre les compétences et la demande, la faiblesse des rémunérations et la rareté des opportunités d’emploi poussent de nombreux diplômés africains à quitter leur pays d’origine et à retourner dans les pays développés. L’initiative de développement d’indicateurs de la STI pour l’Afrique (ASTII) se poursuit mais elle demande à être développée davantage. Selon l’African Innovation Outlook 2010, ce programme devait, à l’origine, ne couvrir que 19 pays sur les 54 pays africains. Il reste en outre, à développer des indicateurs acceptables et intégrés.  La recherche universitaire souffre de divers maux. La rémunération relativement faible des professeurs d’université conduit bon nombre d’entre eux à prendre un autre travail pour des raisons alimentaires. Ils font ainsi de la recherche pour des instituts de recherche étrangers pour des raisons purement financières. Les projets de recherche présentés dans le cadre de la coopération avec les agences de financement ne répondent pas toujours aux critères de contextes africains. Bon nombre d’entre eux sont, par conséquent, rejetés. Il convient également de signaler le problème, persistant, du financement de la recherche en Afrique : « La plupart des pays d’Afrique sub-saharienne consacrent, en moyenne, 0,3% de leur PIB à la science et la technologie –ce qui se situe bien en deçà du taux de 1% promis en 1980 et repris en 2005 ».  Les capacités de recherche et d’innovation des pays du Maghreb déclinent. Leur participation aux publications scientifiques représente moins de 0,2% du total mondial. Au Maroc et en Tunisie, la recherche se déroule essentiellement dans le secteur public bien que ces deux pays disposent d’instruments de promotion de la recherche.  Le Plan d’action consolidé de l’Afrique dans le domaine de la science et la technologie de l’Union Africaine a identifié des domaines prioritaires précis pour l’engagement de l’Afrique dans la science, la technologie et l’innovation parmi lesquels on peut citer, les biotechnologies, les TIC, l’eau, l’énergie.  Le savoir indigène est sous-évalué et par conséquent absent de l’enseignement et de l’apprentissage de la science en Afrique.  Les connaissances indigènes ne sont pas correctement intégrées dans les curriculums scolaires.  Les tentatives de valorisation des savoirs indigènes se traduisent le plus souvent par leur mauvaise intégration dans les programmes scolaires.  La jeunesse en Afrique est marquée par des taux de dépendance élevés qui requièrent de gros investissements dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de l’emploi. Les jeunes connaissent toutes sortes de transition. Ils migrent massivement des campagnes vers les villes à la recherche d’opportunités meilleures (FNUAP 2010, 2011). Ils représentent 40% de la population active du contient mais 60% d’entre eux sont au chômage ou sous-employés, bon nombre d’entre eux étant engagés dans des activités de survie dans le secteur informel. Pourtant, il n’existe aucune politique holistique cohérente pour les doter de connaissances et de compétences en science et en technologie. Certains organismes (les Académies des sciences, l’ATPS, etc.), ont commencé à engager les jeunes dans les questions liées à la science et à la technologie ; ces efforts restent cependant limités et couvrent peu de personnes.  Le développement d’un mécanisme d’assurance qualité (AQ) est vital pour améliorer la qualité de l’éducation et la coopération régionale est nécessaire pour harmoniser les programmes, assurer la mobilité du personnel et des apprenants. La reconnaissance des qualifications au niveau régional marque le pas.  Les universités sont de plus en plus engagées dans les secteurs productifs de l’économie. Il en est ainsi au Ghana, en Afrique du Sud, en République démocratique du Congo, en Namibie, au Kenya, au Nigeria, etc. Les modalités de cet engagement demandent, cependant, à être clarifiées.  Il convient de clarifier la notion de centre d’excellence, d’en préciser les fonctions, les résultats escomptés et les indicateurs de succès.  Il est vital de réaliser des études sur les nouvelles formes d’exclusion sociale, de classe et de genre pour formuler des politiques globales sur l’équité. L’analyse de ce phénomène est limitée par le manque de données.  L’augmentation récente du nombre des places dans l’enseignement tertiaire, au niveau mondial, a bénéficié aux femmes, mais cette évolution n’a pas touché l’Afrique (Banque mondiale, 2011b). Cette expansion a fortement renforcé les inégalités de genre dans la plupart des pays africains, à l’exception du Cap-Vert, de l’Ile Maurice, de la Namibie et de la Tunisie. Les femmes, sont par conséquent, sous-représentées dans les domaines requérant des bourses d’études et dans la recherche-développement.  Les documents de politique continentaux, régionaux, nationaux indiquent que les acteurs de l’éducation sont pleinement conscients des avantages de la coopération. Des structures régionales ont été mises en place pour accélérer l’intégration des marchés, améliorer les échanges, développer l’énergie et les infrastructures.  Bien que le NEPAD (UA), les agences des Nations Unies et les communautés économiques régionales se situent en première ligne dans la formulation des agendas régionaux pour l’avancement de la recherche et la création de capacités scientifiques et technologiques, la mise en oeuvre de ces programmes continue de constituer un problème persistant. En effet, la traduction des intentions en action et en programmes reste le principal obstacle que les pays africains se sont collectivement engagés à lever. Le manque de financement systématique des entités régionales, dû au nationalisme, a souvent miné les efforts de coopération régionale. Quelques options de politique i. Traduire la science, la technologie et l’innovation en vision. D’où la nécessité de renforcer la capacité des décideurs à formuler de bonnes politiques, en assurer le suivi de bout en bout et identifier de bonnes pratiques venant d’ailleurs. Il conviendrait également de sensibiliser les leaders nationaux, les décideurs et les autres parties prenantes à l’importance de la science et de la technologie pour le développement actuel et futur de leur pays. ii. Créer un observatoire national de STI dans chaque pays. iii. Renforcer les capacités permettant de mettre régulièrement à jour les données servant à alimenter le processus de formulation des politiques. Chaque gouvernement devrait créer une banque de données scientifiques et technologiques qui permettra de dresser un état de la science et de la technologie. iv. Renforcer les mécanismes de coordination et de financement de la recherche-développement pour atteindre les engagements nationaux et régionaux fixés à 1% du PIB. v. Formuler des politiques et des stratégies de renforcement des capacités des enseignants de matières scientifiques et de mathématiques: formation initiale, formation en cours d’emploi et développement professionnel continu axés sur le contenu des matières (intégration des savoirs indigènes), pédagogie et pratique. vi. Insistance sur la recherche concernant l’état de la science à tous les niveaux : contenu,pédagogie et pratique. vii. La qualité de l’enseignement de la science en Afrique dépendra, en dernière instance, de la qualité des formateurs des enseignants, de la qualité de la formation en cours d’emploi et des opportunités de développement professionnel disponibles, notamment pour ce qui concerne les enseignants des mathématiques et de matières scientifiques ; elle dépendra également de la disponibilité d’enseignants en nombre suffisant pour faire face à des taux de scolarisation en croissance rapide. viii. L’utilisation des TIC et de l’Internet dans l’enseignement et l’apprentissage : l’éducation à distance à l’usage des enseignants et des apprenants ; les TIC peuvent renforcer l’accès à l’information et la diffusion de l’information tout en permettant de gagner du temps et réduire les coûts. ix. Pour promouvoir une culture d’innovation et d’entreprenariat au sein de la jeunesse, il faudrait renforcer et élargir les noeuds et les centres de TIC pour qu’elle puisse disposer de lieux où explorer de nouvelles idées. Ces centres devraient non seulement permettre aux jeunes de se familiariser avec les nouvelles technologies mais aussi de cultiver des compétences en entreprenariat et développer leur créativité. Le succès de tels centres repose principalement sur le partenariat secteur public-secteur privé. x. De nombreuses inventions et innovations en Afrique sont soit méconnues soit piratées faute de directives claires sur la manière de les faire breveter. De telles directives aideraient les jeunes africains qui innovent à participer efficacement et de manière bénéfique à l’essor de la science, de la technologie et des systèmes d’innovation. Les gouvernements africains devraient, avec l’appui d’agences universelles telles que l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), veiller à ce que les droits de propriété intellectuelle des innovateurs locaux soient protégés. xi. Mécanismes d’assurance qualité : pour valider et certifier les aptitudes et les compétences acquises, accréditer des institutions et diffuser l’information. xii. Compte tenu des disparités existant entre les diverses institutions universitaires et les pays en termes de budgets, la coopération régionale devrait jumeler les universités efficaces et les universités moins performantes pour permettre à ces dernières de progresser. xiii. Les gouvernements devraient élaborer une stratégie pour développer des ressources humaines dans leur pays, en veillant à ce que le secteur de l’enseignement scientifique, qui est le plus onéreux des secteurs de l’enseignement universitaire, soit axé sur des domaines spécifiques destinés, dès le départ, à générer des revenus. Il conviendrait de veiller à renforcer le système de différenciation et d’articulation des institutions d’enseignement postsecondaire de manière à ce qu’il soit en harmonie avec la gamme des secteurs que l’on veut développer. xiv. Etablir des partenariats collaboratifs avec l’industrie/les secteurs productifs de l’économie pour créer et renforcer les STI dans la perspective du développement durable. xv. Créer des centres de recherche et de formation interdisciplinaires d’excellence au sein des universités et en hors des universités en insistant sur la science et la technologie ; et formuler des jalons permettant de mesurer les progrès accomplis. xvi. Renforcer l’appui aux programmes de formation du niveau post-tertiaire et des programmes de formation des chargés de recherche de niveau postdoctoral en sciences et technologie
 
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