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FERMETURE DE L'UNIVERSITE DE OUAGA

Une punition collective






La nouvelle est tombée le 29 juin dernier. L’université de Ouagadougou est fermée. Les cours ne reprendront qu’en septembre. Les autorités universitaires se disent fatiguées de négocier. Par là même, elles ont montré que leur patience avait des limites. Et pour marquer leur fermeté, à coups d’arrêtés, toutes les prestations de services universitaires sont également suspendues. Plus de logis, plus de resto, plus de pécule et plus de soins. Que chacun aille réfléchir chez lui pendant ces vacances forcées.

Plus que les étudiants, ce sont les parents qui vont commencer à gérer les conséquences de cette fermeture de l’Université de Ouagadougou. Il faudra trouver un logis au neveu ou au petit cousin, revoir le prix de la popote et dans ce contexte de vie chère, ces "étrangers" -là peuvent ne pas toujours être les bienvenus. En septembre, les esprits se seront calmés, du moins, c’est le vœu que tout le monde formule. En renvoyant les étudiants à leurs parents, l’université les rend responsables de ce qui leur arrive et veut créer les meilleures conditions de reprise, si reprise il y a, par la pression que les parents vont exercer sur leur progéniture et par ricochet, celle que les étudiants vont eux-mêmes exercer sur leurs responsables syndicaux et associatifs. C’est un coup de poker que tentent le ministère en charge de l’Enseignement supérieur et l’université de Ouaga. Il faut maintenant espérer qu’ils ont toutes les cartes en main. Car vu de l’extérieur, on a l’impression que le 17 juin, une grosse erreur a été commise et que tout le monde devra en payer le prix.

Cette décision n’a pas que des motivations académiques. Elle est également d'ordre politique. Le gouvernement veut certainement éviter la contagion. Les syndicats sont sortis avec leurs différentes plateformes revendicatives. C’est donc dans l’air du temps et les autorités ont peur d’être débordées.

On l’a vu avec les émeutes de la fin du mois de février puis le 17 juin. Mais avant, des militaires avaient ouvert la voie un certain mois de décembre 2007.

Ce sont là des signes manifestes d’une crise de confiance entre gouvernés et gouvernants et entre administrés et pouvoirs publics. Ils sont les résultats d’un dialogue qui a échoué. Dans le cas de l’Université, la suspension peut être considérée comme une mesure conservatoire pour faire baisser la tension. Mais tout comme du côté des étudiants, l’on doit méditer les conséquences multiformes d’une année blanche. Car le risque est désormais grand et l’administration universitaire doit revoir son mode opératoire dans sa relation avec les associations d’étudiants. Tous doivent avoir à l’idée que ce qui les unit le plus, c’est de délivrer pour les uns et recevoir pour les autres un enseignement de qualité dans des conditions acceptables. Cela suppose la confiance et le respect mutuel. Sans cela, il n’y a pas de dialogue productif. Si les mêmes considérations qui ont prévalu aux incidents du 17 juin demeurent à la reprise en septembre, alors, il faudra désespérer des uns et des autres sur le campus. A chacun désormais de faire la démonstration qu’il a compris l’essentiel et d’arrêter de faire de nos campus un champ d’entraînement et de guérilla urbaine entre forces de l’ordre et étudiants. Entre l’argument de la force et la force de l’argument, il y a toujours une place pour la raison. C’est le consensus.



Par Abdoulaye TAO

 
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